Liste des articles
Partager sur :
03 avril 2024

Question à ... Benoît Deloche

Ce jeune pisciculteur a été aidé en 2023 par la section de l’Indre, dans le cadre de son dispositif de soutien aux jeunes créateurs d’activités en zones rurales, piloté par Micheline Taupin, ancienne exploitante et syndicaliste agricole, et présidente du comité du Buzançonais.


 

Pourquoi avoir choisi le métier de pisciculteur ?

La passion du poisson. D’abord comme pêcheur, puis maintenant comment pisciculteur. Après un baccalauréat scientifique, j’ai obtenu un brevet de technicien supérieur en aquaculture.

 

Je souhaitais travailler dans la région où je suis né et à laquelle je suis très attaché. Pour cela, après avoir travaillé quelques années dans une pisciculture, j’ai créé mon activité en 2020, qui comprend à la fois l’élevage et le négoce de poissons. J’emploie trois personnes, dont deux saisonniers, et exploite 200 ha d’étangs directement et autant pour le compte de propriétaires, sur l’ensemble du département de l’Indre.

Quels sont vos débouchés ?

Nous sommes des « grossistes » et alimentons beaucoup les fédérations de pêche, pour le repeuplement ou les professionnels qui proposent aux pêcheurs occasionnels de venir prendre du poisson, par exemple des gardons, le dimanche en famille.

Quelles sont les principales contraintes rencontrées dans ce métier ?

Les mêmes que celles d’un exploitant agricole, mais avec les aides en moins. C’est dire si l’aide apportée par la Société des membres de la Légion d’honneur aura été bienvenue. Un vrai coup de pouce dans ce contexte.

D’autre part, il n’est pas facile de trouver des salariés qui acceptent de travailler avec nos contraintes de saisonnalité ou d’horaires. Enfin, nous sommes confrontés à un nouveau migrateur prédateur, le cormoran, qui peut vider nos étangs si on ne pêche pas nos poissons avant son arrivée. Dès août, commence pour nous une course contre la montre... et l’appétit des cormorans.

Comment agit le changement climatique sur votre activité ?

Je préfère parler de dérèglement climatique. Il faut savoir qu’en général, plus il fait chaud, plus le poisson est actif, plus il consomme de l’oxygène. Lorsque le niveau des étangs baisse du fait de l’évaporation, lors des périodes plus chaudes, le taux d’oxygène diminue aussi et la mortalité des poissons augmente.

Quant à l’augmentation des températures de l’eau, elle agit de manière différente selon les espèces : le brochet réagit négativement, alors que le black bass se développe. Comme je n’ai pas connu la période d’avant ce dérèglement climatique, je suis conduit à observer attentivement ce qu’il se passe pour m’adapter, « au fil de l’eau », si je puis dire...

Articles liés

Commentaires

Aucun commentaire

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Connectez-vous.