Les actualités de la SMLH

Covid-19. Témoignage. Agir « en actes et en vérité »

Philippe Cholous, sociétaire de la Société des membres de la Légion d’honneur (SMLH), est, depuis deux ans, délégué du Comité International de la Croix-Rouge auprès des forces armées et de sécurité en Afrique centrale. Le Covid-19 a bousculé son quotidien, le CICR étant l’une des quelques organisations à être restées actives sur le terrain depuis la crise. « Ai-je un mérite quelconque ? Non, je suis rétribué pour cela. Cette activité est-elle de nature à faire rêver ? Non, rien d’exaltant, pas d’adrénaline. Rien que le service et l’espoir d’être utile à quelques-uns. On y trouve là une joie simple et un grand bonheur. Oui, décidément la joie de l’âme est dans l’action. »

 

Quelle est votre fonction au sein du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) ?

Ancien colonel de Gendarmerie, je suis depuis deux ans, délégué du CICR auprès des forces armées et de sécurité en Afrique centrale. En temps normal, cette fonction recouvre 3 aspects : la formation au Droit International Humanitaire et au Droit International des Droits de l’Homme ; l’entretien d’un réseau relationnel de haut niveau et de confiance avec les forces armées et de sécurité locales ; le conseil des autorités du CICR en matière militaire et sécuritaire. Le Covid-19 a, bien sûr, tout bouleversé. Le CICR étant en première ligne dans la gestion de cette crise, je me suis alors trouvé engagé directement et personnellement dans une action humanitaire d’urgence et de terrain, qui renvoie à l’essence même de l’action humanitaire traditionnelle, à sa vérité première.

Un resserrement de l’empreinte au sol humanitaire… Que voulez-vous dire ?

L’arrivée d’une menace en partie inconnue et susceptible de frapper de façon exponentielle a ceci d’intéressant qu’elle opère une rapide clarification quant aux capacités d’engagement réel des acteurs humanitaires et internationaux. Beaucoup d’organisations ont immédiatement dû stopper toute activité en Afrique centrale et renvoyer une grande partie de leurs personnels expatriés chez eux. En maintenant leurs activités de terrain et en les adaptant à la situation d’urgence, certaines organisations - au premier rang desquelles le CICR, Médecins Sans Frontières ou encore, l’Eglise catholique - ont pu faire face.

Quelles sont les spécificités de cette crise en Afrique ?

Contrairement aux dernières grandes épidémies/pandémies, Ebola et VIH notamment, l’Afrique n’est pas, cette fois-ci, en première ligne puisque la pandémie du Covid-19 est partie d’Asie, pour s’étendre en Europe, puis aux Etats-Unis. L’Afrique sub-saharienne a pu se préparer et fait désormais face à l’extension du virus, avec lucidité, courage, pragmatisme et détermination.

Quelles sont ses faiblesses ?

L’insuffisance notoire des structures de santé et des équipements de réanimation est un fait connu. S’y ajoutent les faibles marges de manœuvre budgétaires des acteurs publics et surtout, un modèle économique vivrier, dans lequel les revenus familiaux sont majoritairement journaliers, ce qui rend impossible toute forme de confinement à la manière de ce qui est fait dans certains pays développés. Dans les centres urbains africains, les populations ont pris conscience de la menace. Les dispositifs de lavage des mains et de distanciation sociale sont en place et plutôt respectés. En revanche, dans les campagnes, la menace paraît trop lointaine pour que des mesures contraignantes soient prises sur toute l’étendue des territoires. De fait, les flux de circulation y sont réduits d’autant que l’essentiel des frontières terrestres est officiellement fermé.

Vous parliez cependant d’atouts ?

L’Afrique subsaharienne possède des atouts propres face à la pandémie. Il s’agit tout d’abord de la grande jeunesse de la population, du fait que cette dernière est éprouvée et résiliente et enfin, parce qu’il y existe une résistance endémique au paludisme dont les effets face au coronavirus/COVID-19 ne sont pas encore connus mais ne sauraient a priori nuire.

Comment travaillez-vous ?

Le CICR se retrouve confronté à une réflexion d’urgence. Comment se rendre vraiment utile pour contribuer à amortir le choc, pour protéger les populations et répondre à leurs besoins objectifs ? Chaque contexte est différent mais l’expérience que je vis ici m’amène à deux premières conclusions. Les structures de santé et les responsables administratifs n’ont besoin ni d’être convaincus, ni d’expertises particulières : les directives de l’OMS sont simples et fondées aux yeux de tous. Nos partenaires disposent de bons praticiens. En revanche, ils ont besoins de matériels et de consommables, en masse : masques, dispositifs lave-mains, chlore, savons, gants, combinaisons de protection, etc… La crise nous a imposé de décloisonner l’organisation et que chacun devienne un humble acteur de terrain.

C’est-à-dire ?

Savoir répondre aux questions opérationnelles et logistiques est essentiel : où sont les besoins réels ? Comment simplifier procédures administratives et flux logistiques pour être dans le rythme de l’urgence ? Qui conduit le véhicule ? Qui fait le plein ? Combien de personnes pour le charger, le décharger… ? Comme beaucoup, j’observe, dans ma boîte aux lettres électronique, une avalanche d’analyses stratégiques, d’études prospectives et de documents sur ce que l’on aurait dû faire, dont beaucoup sont retransmis in extenso, signe d’un monde virtuel éloigné de l’efficacité réelle, des actions simples et concrètes à réaliser impérativement sur le terrain.

Vous êtes dans le concret, le pragmatisme, l’action… Que ressentez-vous ?

La réalité de notre quotidien est simple aujourd’hui, celle d’aller physiquement loin, par les pistes, en 4x4, vers les prisons, les casernes, les unités militaires et policières ; y livrer pour trois mois du matériel et des consommables, avec 2 à 4 véhicules, à la fois élément de contact, pédagogue et manutentionnaire.  L’objectif est d’éviter, d’une part, une hécatombe dans les prisons, d’autre part, que les forces armées et de sécurité ne deviennent victimes et vecteurs de la maladie, dans leur action du quotidien. D’autres délégués se concentrent sur les hôpitaux et les camps de réfugiés.  Ai-je un mérite quelconque ? Non, je suis rétribué pour cela. Cette activité est-elle de nature à faire rêver ? Non, rien d’exaltant, pas d’adrénaline… Rien que le service et l’espoir d’être utile à quelques-uns. Mais on y trouve finalement là une joie simple et un grand bonheur. Oui, décidément « la joie de l’âme est dans l’action».

Commémorations du 8-Mai. La section de la Haute-Garonne au cœur de la nation

Ce 8 mai, une cinquantaine de sociétaires de la section de la Haute-Garonne, et le délégué général de la SMLH, se sont réunis virtuellement et symboliquement ... >

46. Un grand soldat vient de s’éteindre

Le général de corps aérien Jean-Paul Arbelet nous a quittés le 4 mai dernier. Agé de 92 ans, il s’est doucement éteint à l’EHPAD de Montfaucon (Lot) où il résidait ... >

 
16. Disparition d’un combattant du débarquement de Provence

Le commandant Cano, commandeur de la Légion d’honneurvient de nous quitter à l’âge de 98 ans ; ses obsèques se sont déroulées le 16 juinà Angoulême.

Tout jeune combattant de l’armée d’Afrique au sein des goumiers marocains, après s’être engagé dès 1941 à l’âge de 19 ans,Pierre CANO participera à la campagne d’Italie suivie des combats de libération de la Corse puis de la France. Il sera notammentdu débarquement de Provence en août 1944. Blessé lors des combats de décembre 1944, il poursuivra néanmoins unecarrière militaire au cours de laquelle il sera engagé dans les conflits d’Indochine et d’Afrique du nord.

Caporal dès 1942, puissergent et sergent-chefen 1943 et 1945, il gravira ensuite progressivement les échelons de la hiérarchie pour être finalementpromu au grade de commandant. À l’issue de trente-deuxans de services militaires, il aura mérité les plus prestigieuses desdistinctionshonorifiques : Commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la Médaille militaire, Officier de l’ordre nationaldu Mérite, Croix du combattant volontaire, entre autres.

Retraité, il s’impliquera dans l’activité de la SMLH au sein de soncomité comme du conseil de section de la Charente dont il restera membre jusqu’à un âge avancé.

67. Disparition de François Amoudruz, commandeur de la Légion d'honneur

François Amoudruz, commandeur de la Légion d’honneur, est décédé le 21 juillet 2020 à l’âge de 93 ans. En novembre 1943, à 17 ans, alors qu’il était étudiant à la faculté de droit, il fut arrêté par la Gestapo lors de la rafle d’un demi-millier de personnes de l’université de Clermont-Ferrand où s’était repliée l’université de Strasbourg. Suspect car faisant partie d’une unité des Éclaireurs de France dont le chef avait tiré sur un milicien, il fit partie des 130 personnes déportées au camp de Compiègne, puis dans le camp de concentration de Buchenwald en tant qu’opposants au nazisme. Transféré ensuite dans le camp de Flossenburg où il devait fabriquer des carlingues d’avion, il avait réussi à s’évader lors d’une « marche de la mort » en avril 1945 et avait regagné la France, amaigri de 30 kg. Il avait ensuite repris ses études de droit à Strasbourg où il avait fait carrière comme avocat puis dans la banque. Très engagé dans la transmission de mémoire, vice-président de la fondation Pour la mémoire de la Déportation et de l’association des Amis de cette fondation, il témoignait également dans des classes, avec beaucoup d’humanité, très soucieux que cet héritage ne soit ni oublié, ni dévoyé.

C’est un grand homme, passeur de mémoire qui nous a quittés.

31. Disparition de la soprano Mady Mesplé

Mady Mesplé, grand officier de la Légion d'honneur et membre de la section de la Haut-Garonne, est décédée le 30 mai. 

Elle était âgée de 89 ans.

Mady Mesplé a débuté sa carrière à Toulouse, puis elle a chanté à la Monnaie de Bruxelles et à l'Opéra de Lyon où elle brille dans Les contes d'Hoffmann, d’Offenbach. Elle chantera également Les contes d'Hoffmann à Paris, en décembre 1975. Elle a également chanté des airs de compositeurs contemporains, comme Pierre Boulez ou Betsy Jolas.

7516. Disparition de Liliane Esrail, rescapée d’Auschwitz Birkenau

Liliane Esrail, haute personnalité de la section du 16e arrondissement de Paris, est décédée le 1er mai dernier à l’âge de 96 ans.

Sa vie, son parcours exceptionnel et émouvant resteront le symbole de la tragédie du siècle dernier.

Elle était l'épouse de Raphaël Esrail, commandeur de la Légion d'honneur, président de l'Union des déportés d'Auschwitz.

Lors de ses obsèques qui ont eu lieu le 12 mai dernier (Cathédrale Saint Louis des Invalides) le général Christophe de Saint Chamas, gouverneur des Invalides, a retracé le si poignant parcours d'exception de Liliane Esrail et de son mari qui, avant d'être transportés tous les deux dans le même convoi pour Auschwitz, s'étaient rencontrés au camp de Drancy.

 

67. Disparition du professeur Francis Rapp

Francis Rapp, professeur émérite de l’Université de Strasbourg, membre de la section du Bas-Rhin, a été emporté le 29 mars à l’âge de 93 ans par le Covid-19. Grand spécialiste de l’histoire médiévale, du Saint Empire romain germanique, de la Réforme et de l’histoire religieuse en Alsace, brillant chercheur et pédagogue hors pair, il était membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

 

94. Disparition du neveu du général de Gaulle

Le Père François de Gaulle est décédé le 2 avril dans sa 99e année.

Officier de la Légion d’honneur, il était membre de la section du Val-de-Marne.

Le Père François de Gaulle était né le 13 février 1922 à Montceau-les-Mines (71), et demeurait à l'EHPAD des Pères Blancs à Bry-sur-Marne (94).

Neveu du général de Gaulle, il avait rejoint la Société des missionnaires d'Afrique (les Pères Blancs) en 1940. Ses études de théologie au séminaire de Thibar en Tunisie avaient été interrompues par la guerre où il avait été incorporé comme aspirant artilleur.

Dans le dernier bulletin de décembre 2019 de la section du Val-de-Marne, il racontait la bataille d'Italie et la remontée vers le Rhin...

En 1950, il devient missionnaire en Haute Volta (Burkina Fasso) où il va passer quarante-cinq ans et où l'on se souvient encore bien de lui et de ses actions notamment en faveur des femmes.

Depuis 2008, il était rentré en France, à la Maison des Pères Blancs de Bry -qu'il avait fait construire alors qu'il était Econome Provincial des Pères Blancs- et participait régulièrement aux activités locales de la section.

 

 

85. Disparition de Jacques Oudin

Jacques Oudin, sénateur de la Vendée de 1986 à 2004, membre de la section, est décédé le 21 mars 2020 à Paris. Il a fait de sa vie un parcours politique exemplaire. Lauréat du Concours général en 1957, diplômé d’HEC et de l’IEP de Paris, ancien élève de l’ENA, il a intégré la Cour des comptes en 1966 puis il a été successivement nommé au Commissariat général du Plan et au ministère de l’Industrie.

Particulièrement reconnu pour son sens de l’Etat, son engagement à servir la France, et sa grande compétence, il a donné une grande partie de sa vie au service de la Vendée et de l’île de Noirmoutier qu’il affectionnait, et où il aimait se retrouver dans la maison familiale avec ses enfants et petits-enfants. Il fut Conseiller général du canton de Noirmoutier en l’Ile de 1976 à 2015.

Il a beaucoup œuvré pour le désenclavement routier de l’île et du département, et il s’est fortement engagé en faveur de la protection du littoral et de la préservation de l’eau. Il fut président du Comité national de l’eau en 2003.

La Vendée perd un de ses grands hommes politiques auquel la section souhaite rendre hommage.

 

92. Disparition

Albert Uderzo, officier de la Légion d'honneur, membre de la section de Neuilly-sur-Seine, est décédé. Il avait 92 ans. 

Coauteur de la bande dessinée Astérix et Obélix, il avait notamment travaillé pour les journaux France-Soir et France Dimanche.

Soutien

La Croix-Rouge lance un numéro de téléphone unique pour du soutien psychologique et un service bénévole de livraison solidaire de première nécessité aux personnes vulnérables et confinées à domicile.

Un seul numéro : 09 70 28 30 00

Décès d'un grand'croix de la Légion d'honneur

Lyonnais, Pierre Truche vient de s’éteindre à 90 ans dans sa ville, la nuit du 20 au 21 mars. Humaniste distingué, il a consacré quarante ans au monde de la Justice. Arras, Dijon, Lyon et Paris ont connu « ce magistrat d’exception » comme le dit l’un de ses successeurs lyonnais, qui l’a accompagné en 1987 lors du procès Barbie, Jean-Olivier Viout. Alliant le sens de l’éthique et celui de la dignité humaine, le souci de déontologie et les droits de l’accusé, Il est considéré comme une figure de la Justice. À la cour d’Appel de Paris, à celle de Cassation qu’il a présidée de 1996 à 1999 et à la Commission nationale de déontologie de la Sécurité, Pierre Truche a toujours su faire preuve d’humilité et de sens de l’engagement. Un ensemble de vertus et de comportements reconnu par la Nation, en lui attribuant la dignité de Grand’croix en 2016.

TOUTES LES BREVES...


Nous sommes le 15-08-2020 et il est 15:51 - V2